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Il reposait là, au milieu des rayonnages qui exigeaient une perpétuelle démonstration de la vie, cet objet d'imitation aux genoux repliés. Ce n'était pas la nudité du plastique, ni l'absence d'âme, qui retenait l'attention, mais l'ombre d'une jointure sur son visage poli, cette certitude d'un masque.
Le mannequin avait trop bien rempli son office. À force d'observer la clientèle, il avait non seulement reproduit une posture, mais il avait hérité de la contrainte. Il portait désormais le fardeau de la représentation, cette nécessité humaine d'être toujours quelque chose d'autre que ce que l'on est vraiment.
Son immobilité n'était plus un accident de fabrication, mais une résignation. Il ressemblait au client lui-même, assis dans le même silence, cherchant le même répit impossible derrière l'artifice social.
La ressemblance troublante n'était plus une question de cire ou de résine, mais de reconnaissance. Le mannequin avait enfin accédé à l'humain, en adoptant son plus grand mensonge : être quelque chose d'autre que soi.
Inspiré de Franz Kafka